​© 2020- Sebastien Beaucourt                                                                                                                                                                                                

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Histoire des atlas célestes

Captant la majesté des cieux, les atlas comptent parmi les plus beaux ouvrages scientifiques jamais publiés.

 

Représentant la totalité du ciel des deux hémisphères, les atlas seront l’objet de constantes améliorations astronomiques : ajout et suppression de constellations, réarrangement pour s’ajuster aux véritables positions des étoiles, apparition des lignes de coordonnées et introduction d’objets invisible à l’œil nu. La riche histoire de ces cartes du ciel témoigne de l’évolution de notre représentation de la sphère céleste et de notre besoin de précision.

 

DES DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE A L'URANOMETRIA DE BAYER (1603) :

Pendant cette période, les préoccupations esthétiques et astrologiques président sur l’exactitude astronomique. Les positions des étoiles sont tirées des catalogues de Ptolémée datant du IIe siècle ou de celui d’Al Sufi datant de l’an 1000. Ils présentent uniquement les 48 constellations de Ptolémée, correspondant à la partie du ciel visible depuis le bassin méditerranéen. Les positions des étoiles sont purement décoratives et ajuster de manière à représenter la figure de la constellation.

LES CONSTELLATIONS DE LA GRANDE OURSE, DE LA PETITE OURSE ET DU DRAGON

D’APRÈS HYGIN (XVe siècle)

 

Le premier atlas céleste véritablement scientifique apparait en 1540. Alexandre Piccolomini (1508-1579) propose un ensemble de carte hors texte, et non de simple illustration. Il s’efforce de donner les positions réelles des étoiles, avec une précision toute relative, car aucun système de de coordonnées n’apparait. Pour la première fois, les étoiles sont représentées en fonction de leur luminosité et désignées par une lettre de l’alphabet. Cet atlas connaitra une grande renommée et sera réédité une dizaine de fois pendant près de trente ans.

 LA CONSTELLATION D'ORION DANS L'ATLAS DE PICCOLOMINI (1540)

 

DE BAYER A L'URANOGRAPHIA DE BODE (1801) :

L’atlas de Bayer inaugure l’âge d’or des grands atlas célestes, alliant précision scientifique et qualité artistique. Désormais, les positions des étoiles sont issues du catalogue de Tycho Brahe, qui mesura leur position sur le ciel avec une précision d’une minute d’arc. Bayer répartit 1277 étoiles dans les 48 constellations de Ptolémée, leur attribuant une lettre de l’alphabet grec ou latin lorsque le nombre d’étoiles d’une même constellation dépasse 24. Cette nomenclature est toujours en vigueur de nos jours. Autre innovation, l’écliptique est entouré d’une grille de 16° de large, afin d’indiquer avec une grande précision la position des planètes devant le zodiaque. Publié en 1603, l’Uranometria est le premier atlas à couvrir entièrement la voute céleste. En effet, la dernière page inclue les premières constellations australes inventées par les deux navigateurs hollandais Pieter Keyser (1540-1596) et Frederick de Houtman (1571-1627).

 

En 1690 Hevelius publie Firmamentum Sobiescianum. Cet atlas rivalise en précision avec  celui de Bayer. S’identifiant à Tycho, Hevelius refuse d’utiliser la lunette, pourtant en usage depuis près de 80 ans. Il référence ainsi 1564 étoiles observées à l’œil nu à l’aide d’un grand sextant en bois. Sur les cartes figurent un système de coordonnées équatoriales. Pour les étoiles du ciel austral, il utilise les données récemment acquises par Edmund Halley depuis l’île de Sainte-Hélène. Hevelius en profite pour inventer onze nouvelles constellations intercalées entre les grandes constellations historiques.

LES CONSTELLATIONS DE PERSÉE ET ANDROMÈDE DANS L'ATLAS DE FLAMSTEED (1725)

 

Flamsteed fut le premier directeur de l’Observatoire de Greenwich. En rivalité avec Hevelius, il a reçu pour mission de cartographier complétement le ciel boréal, obligation royale afin de mettre au point la méthode des distances lunaires pour calculer la longitude en mer. Après trente années d’observation, Flamsteed publiera son atlas en 1725. Il contient 2913 étoiles visibles depuis Greenwich. Doté d’une grande minutie et d’une lunette astronomique, Flamsteed améliore d’un facteur 15 la position des étoiles par rapport à l’atlas de Bayer.

 

La course à la surenchère se poursuit. En 1801 parait l’Uranographie de Johann Bode. Ses 20 planches constituent de par leur format (80 x 60 cm) le plus grand atlas jamais publié. Aux étoiles observées par Flamsteed et lui-même, il ajoute celle de 28 autres astronomes parmi lesquels Lalande, La Caille, Messier et Herschel. Par l’ampleur de ses données, il dépasse ses prédécesseurs : 17 240 étoiles de la magnitude 1 à 8 sont référencées, ainsi que les étoiles doubles, les amas stellaires et plus de 2000 nébuleuses.

 LA CONSTELLATION DU CYGNE DANS L'ATLAS DE BODE (1801)

 

DE BODE A L'ATLAS DELPORTE (1930) :

C’est la période de professionnalisation. L’usage de télescopes de plus en plus puissant augmente considérablement le nombre d’étoiles référencées. A l’époque où Bode publie sont atlas, Lalande référence déjà la position de 50 000 étoiles ! Cette augmentation considérable de données entrainera à partir des années 1830 une séparation entre les atlas professionnels et amateurs.

 ATLAS CÉLESTE DE LA FIN DU XXe SIÈCLE

 

Ces derniers, équipés d’instrument plus modestes, n’ont pas besoin de catalogues aussi complet. Pour les professionnels, les atlas deviennent de plus en plus précis, comptant plusieurs centaines de milliers d’étoiles, pour lesquels les représentations des constellations sont devenues totalement inutiles. Le développement de l’astrométrie photographique marque définitivement la séparation entre catalogues amateurs et professionnel.

 

En 1922, l’Union Astronomique Internationale (UAI) fixe officiellement le nombre de constellations à 88. Mais il faut attendre 1930 pour que l’UAI demande officiellement à l’astronome belge Eugène Delporte (1882-1955) de fixer les limites artificielles des constellations, en suivant les lignes d’ascension droite et de déclinaison de l’époque 1875.

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Sommaire :

L'ASTRONOMIE DANS NOTRE VIE QUOTIDIENNE

 

HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE

ART ET ASTRONOMIE

LA TERRE

 

LA LUNE

LE SYSTÈME SOLAIRE

 

LA MESURE DU TEMPS

 

AUX ORIGINES DES CONSTELLATIONS

 

LES ASTRONOMES

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