• Facebook
  • YouTube
  • Instagram
  • LinkedIn

​© 2020- Sebastien Beaucourt                                                                                                                                                                                         

Galilée et les peintres du XVIIe siècle (1/2)

April 22, 2019

En mars 1610, Galilée publie le Sidereus Nuncius (le Messager Céleste), ouvrage dans lequel il relate ses premières observations astronomiques qu’il vient de réaliser avec sa lunette. L’astronome italien bouleverse notre vision du cosmos qui était jusque-là dominée par les idées d’Aristote.

 

Avec sa lunette, Galilée découvre que la Lune est couverte de cratères et de montagnes. Autrement dit, la Lune est loin d’être une sphère parfaite, et elle ressemble beaucoup à la Terre. Lorsque Galilée tourne sa lunette vers la Voie Lactée, il remarque que celle-ci n’est pas une simple trainée lumineuse comme on le pensait alors. Celle-ci est composée de milliers d’étoiles, semblable à celles que nous voyons la nuit à l’œil nu.

 

Les découvertes de Galilée ont eu un retentissement énorme dans le monde scientifique. Mais elles ont également rayonné bien au-delà dans la société, notamment dans le monde artistique, comme en témoigne La fuite en Égypte d’Elsheimer.

 

LA FUITE EN ÉGYPTE D’ELSHEIMER

 

Adam Elsheimer (1578-1610) est un peintre allemand. Le tableau qui nous intéresse ici est avant tout d’un tableau religieux. On y voit Joseph et Marie, accompagné de l’enfant Jésus, en train de fuir le massacre ordonné par Hérode en Judée. Ce passage, relaté dans l’Évangile de Matthieu, a inspiré de nombreux peintres, comme vous pouvez le constater ci-dessous : 

 LA FUITE EN ÉGYPTE, PAR TITIEN (1509)

 

 LA FUITE EN ÉGYPTE, PAR RUBENS (1614)

 

LA FUITE EN ÉGYPTE, PAR POUSSIN (1657)

 

La particularité du tableau d’Elsheimer est de représenté la scène de nuit, tout comme l'a fait Rubens. Mais à la différence de ce dernier, Elsheimer accorde une large place au ciel étoilé. En cela, ce tableau est certainement l’un des premiers nocturnes occidentaux.

 

Et quel ciel ! Il est traité ici avec réalisme. La Pleine Lune présente des taches sombres, comme on peut les observés à l’œil nu. Alors qu’habituellement, ses prédécesseurs la représentait sous la forme d’une disque blanc, sans aucun défaut, conformément aux idées d’Aristote.

LA PLEINE LUNE (DÉTAIL DE LA FUITE EN ÉGYPTE D'ELSHEIMER)

 

Parmi les étoiles, on reconnait les constellations comme la Grande Ourse. Bien entendu, les  constellations ne sont pas à la bonne taille, ni à la bonne place. On retrouve notamment l’étoile Regulus de la constellation du Lion, visible au-dessus de la Sainte Famille, au centre du tableau, alors que la constellation du Lion se situe normalement sous la Grande Ourse. Mais Elsheimer n’a en aucune façon voulu réaliser un travail scientifique. La présence de la constellation du Lion est ici purement symbolique, car l’étoile Regulus et la constellation du Lion, symbole de royauté, étaient associés au Christ. On notera cependant qu’Elsheimer fut certainement le premier peintre à se soucier de la forme exacte des constellations dans ses œuvres.

LES CONSTELLATIONS SUR LE TABLEAU D'ELSHEIMER

 

Quant à la Voie Lactée, elle est représentée par une multitude d’étoiles quasiment accolé les unes aux autres, conformément à ce que l’on voit dans une lunette astronomique ! Ce qui pose plusieurs questions : D’où le peintre a-t-il pu avoir cette idée, nouvelle à  l’époque ? Observait-il le ciel avec un instrument ? Où était-il en correspondance avec Galilée ?

LA VOIE LACTÉE (DÉTAIL DE LA FUITE EN ÉGYPTE D'ELSHEIMER)

 

Elsheimer a réalisé ce tableau pendant l’année 1609, alors qu’il séjournait à Rome. 1609, c’est l’année même où Galilée réalise ses premières observation à Padoue, près de Venise. Galilée publiera ses travaux en mars 1610. A ce moment-là, Elsheimer a fini de peindre son tableau. Il n’a donc pas pu se servir de l’ouvrage de Galilée.

 

Installé à Rome depuis 1600, Elsheimer fréquentait les milieux scientifiques italiens, et notamment l’académie des Lynx dont faisait partie Galilée. Si nous ne possédons pas de preuve directe que les deux hommes se connaissaient, il est avéré que des lunettes fabriquées par Federico Cesi, fondateur de l’académie des Lynx étaient disponibles à Rome au cours de l’été 1609. Or Cesi était en correspondance avec Galilée. Il est donc probable que le peintre est eu connaissance des découvertes astronomiques de son époque par l’intermédiaire des milieux scientifiques. Il est également possible qu’il est observé lui-même le ciel avec un instrument.

 

Quoi qu’il en soit, La fuite en Égypte d’ Elsheimer nous montre que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les milieux scientifiques et artistiques ne sont pas étanchent. En ce début de XVIIe siècle, certains peintres étaient parfaitement au courant des découvertes scientifiques de leur époque, et les ont ont fait figurer plus ou moins directement dans leurs œuvres.

 

LES ARTICLES SUIVANTS VOUS INTÉRESSERONT ÉGALEMENT :

- Galilée et les peintres du XVIIe siècle - part 2/2

- Décoration célestes au château de Versailles

- Deux hommes contemplent la Lune de Caspard David Friedrich

Please reload

Sommaire :

L'ASTRONOMIE DANS NOTRE VIE QUOTIDIENNE

 

HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE

ART ET ASTRONOMIE

LA TERRE

 

LA LUNE

LE SYSTÈME SOLAIRE

 

LA MESURE DU TEMPS

 

AUX ORIGINES DES CONSTELLATIONS

 

LES ASTRONOMES

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now