Peut-on faire pousser des patates sur Mars ?


Dans le film Seul sur Mars (2015, Ridley Scott) l'astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile.


Pour espérer survivre sur Mars, Watney doit produire une partie de sa nourriture sur place. Il a alors l’idée de cultiver des pommes de Terre qu’il récupère dans les caisses de survie laissé par ses compagnons. Botaniste de formation, il commence par enrichir le sol martien avec les excréments de son ancien équipage.


Malheureusement pour Watney, en 2008, la sonde Phoenix a montré que le sol martien contient du perchlorate d’ammonium. Sur Terre, le perchlorate est utilisé pour nettoyer les armes à feu et comme propulseur solide pour les missiles. En effet, en tant que puissant oxydant, le perchlorate décompose les éléments carbonés. Planter des patates dans un sol riche en perchlorate n’est donc pas forcément une bonne idée …


PHOTO REALISEE PAR LA SONDE PHOENIX LORS DE L'ANALYSE DU SOL MARTIEN


Pour cultiver ses patates, Watney a également besoin d’eau. Pour la produire, il faut bruler du dihydrogène dans le dioxygène de l’air et condenser la vapeur ainsi produite. Il faut être très prudent, car cette réaction est très exothermique, elle dégage beaucoup de chaleur.


Le problème de Watney est de trouver du dihydrogène, absent de l’atmosphère martien. Pour cela, il utilise l’hydrazine, le carburant utilisé pour atterrir sur Mars. En présence d’un catalyseur, une substance chimique qui va déclencher la réaction, l’hydrazine se décompose en dihydrogène et dioxygène. Oui mais voilà, utiliser le dioxygène se son habitat n’est pas forcément une bonne idée si on veut éviter l’asphyxie !



Notons également qu’une alimentation uniquement faite de patates provoque à long terme des carences en vitamines. Surtout si on se nourrit que de cela pendant près de 500 sols*


L’autre problème du jardinage martien est l’absence de couche d’ozone dans l’atmosphère. Ainsi, les rayons X et les UV solaires arrivent jusqu’à la surface, qui est donc plus stérile qu’une salle d’opération sur Terre. De plus, le champ magnétique de Mars est extrêmement faible, et laisse passer les particules électriques du vent solaire. Pour obtenir à la surface de Mars la même protection que l’atmosphère terrestre, il faudrait se placer derrière un mur de roches d’au moins deux mètres d’épaisseur !


En pratique, le principal problème de Watney n’est donc pas de se nourrir. Mais bien de se protéger des rayonnements qui baignent la surface de la planète rouge. En restant 500 sols* sur Mars avec une protection minimale, Watney aurait dû recevoir une dose létale !


*un sol = une journée martienne de 24h37min


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