Du calendrier julien au calendrier grégorien (1/2)


Notre calendrier s’est construit pas à pas, à partir des observations du Soleil et de la Lune.


La nécessité de mesurer le temps a toujours été une des préoccupations majeures des sociétés pour coordonner les activités humaines et organiser la vie religieuse et économique. Les phénomènes naturels, cycliques et facilement observables (déplacement apparent du Soleil pendant la journée, phases de la Lune, retour des saisons) ont servi de base pour réaliser les premiers calendriers.


La difficulté dans la réalisation d'un calendrier réside dans l'approche des constantes astronomiques avec un nombre entier de jours afin d’en faciliter l’usage par la population. Il s’agit là d’un véritable casse-tête, car il n’existe aucun rapport mathématique simple entre les différents cycles astronomiques. L’année sidérale, c’est-à-dire l’intervalle de temps au bout duquel le Soleil revient devant les mêmes étoiles, fait 365 jours 6 heures 9 minutes et 9,54 secondes. Cependant, un calendrier solaire s’efforcera de suivre le retour des saisons. Il devra donc est synchronisé sur l’année tropique, c’est-à-dire la durée au bout de laquelle le Soleil revient devant le point vernal, à l’origine de l’équinoxe de printemps. L’année tropique compte 365 jours 5 heures 48 minutes et 45,96 secondes. Quant à la lunaison, intervalle de temps séparant deux nouvelles lunes successives, elle dure 29 jours 12 heures 44 minutes 3 secondes. Il s’agit là d’une moyenne, car le cycle lunaire est très élastique. Quoi qu’il en soit, lunaison et années ne comptent ni l’une, ni les autres, un nombre entier de jours.

SUR CETTE MOSAIQUE DU IIIème SIECLE FIGURENT DANS LA PREMIERE COLONNE LE SYMBOLE DES SAISONS SUIVI CHACUNE DES TROIS MOIS CORRESPONDANTS. A NOTER QU'A L'EPOQUE, L'ANNEE DEBUTAIT EN MARS POUR SE FINIR EN FEVRIER. DANS LA CASE DU MOIS DE DECEMBRE, ON RECONNAIT LE SOL INVICTUS.

LE CALENDRIER JULIEN

En tant que Pontifex Maximus, Jules César avait en charge de fixer le calendrier. Il en profita pour le réformer, en demandant à l’astronome Sosigène d’Alexandrie de corriger le calendrier de la République romaine en se basant sur le calendrier égyptien. Ce nouveau calendrier entra en vigueur le 1er janvier 45 avant J.-C, soit en l’an 709 de Rome.

Après une année exceptionnellement longue de 445 jours, nécessaire pour resynchroniser le calendrier sur les saisons, Sosigène modifia la durée des mois pour instaurer le calendrier solaire de 365 jours. Le début de l’année fut fixé au 1er janvier, ce qui était déjà le cas de l'année consulaire, et l’équinoxe de printemps fut fixé au 25 mars. Afin de s’approcher au mieux de la durée réelle de l’année solaire, il proposa d’ajouter un jour supplémentaire tous les quatre ans, de sorte que l’année moyenne dure 365,25 jours. Ce jour supplémentaire fut placé avant le 24 février, au même endroit que le mois Mercedonius dans le calendrier républicain. Ce jour particulier portait alors le nom de bis sexto ante calendas martis, car il doublait (bis) le sixième jour avant les calendes de Mars. C’est de là que vient le nom d’année bissextile que nous connaissons aujourd’hui. Ce calendrier prit alors le nom de calendrier julien, en l’honneur de Jules César.


César conserva le système de datation du calendrier républicain qui prenait pour date d’origine la fondation de Rome. Mais par la suite, celle de la fondation de la République fut utilisée, et on décida même que le calendrier devait repartir de zéro à chaque changement d’empereur ! Ce fut le cas notamment dans la partie orientale de l’empire, lorsque les premiers chrétiens décidèrent de compter les années depuis le début du règne de Dioclétien (soit en 284 après J.-C.), leur plus cruel persécuteur. Quant au comptage des années à partir de la naissance du Christ, elle n’apparut qu’au VIe siècle.


En 38 avant J.-C., le sénat romain proposa que le mois quintilis (cinquième mois du calendrier de Romulus, mais septième mois du calendrier julien) soit nommé Julius afin d’honorer une deuxième fois Jules César. Ce nom a évolué pour nous donner aujourd’hui notre mois de juillet.


LA REFORME D'AUGUSTE

Malheureusement, la règle de l’année bissextile fut appliquée avec plus ou moins de rigueur après l’assassinat de César. Son successeur Auguste prit la mesure de l’erreur, et suspendit l’application des années bissextiles pendant douze ans afin de permettre au calendrier de se remettre en accord avec le Soleil. Pour remercier Auguste, le sénat proposa en 8 avant J.-C. que le mois sextilis (sixième mois du calendrier de Romulus, mais huitième mois du calendrier julien) soit nommé Augustus en son honneur, un nom à l’origine de notre actuel mois d’août.


Afin de ne pas faire de différence entre les deux empereurs, on ajouta un jour supplémentaire au mois d’Auguste, en amputant d’un jour celui de février. Ce dernier se retrouva alors avec un nombre de jours pairs ! On modifia alors la durée des autres mois afin d’éviter qu’il y ait trois mois consécutifs de 31 jours. Tous ces ajustements aboutirent finalement au calendrier que nous connaissons aujourd’hui, à l’exception de la semaine qui n’avait pas encore été adoptée.


Mais le calendrier julien était encore imparfait : son année de 365,25 jours était trop longue de 11 minutes par rapport à l’année tropique. Un problème qui ne fut réellement pris en compte que seize siècles plus tard, avec la réforme du pape Grégoire XIII.


Lire la suite ...



Politique de confidentialité

Copyright 2020 - Le temps des Sciences

  • Facebook
  • YouTube
  • Instagram