Le calendrier mésopotamien


Comme toutes les civilisations antiques, les mésopotamiens ont établi leur calendrier à partir de l'observation de la Lune. Les mois commencent donc le soir où le premier croissant de Lune est visible. Ainsi, le premier du mois correspond toujours au premier croissant, et le 15 du mois à la pleine lune. De même, le jour commence le soir, juste après le coucher du Soleil.

L'année se compose de 12 mois lunaires, alternant des durées de 29 ou 30 jours :


1 - Nisannu (30 jours) - Mars / Avril

2 - Airu (29 jours) - Avril / Mai

3 - Sivanu (30 jours) - Mai / Juin

4 - Dû-zu (29 jours) - Juin / Juillet

5 - Abu (30 jours) - Juillet / Août

6 - Ululu (29 jours) - Août / Septembre

7 - Tasrita (30 jours) - Septembre / Octobre

8 - Arah-Samna (29 jours) - Octobre / Novembre

9 - Kislou (30 jours) - Novembre / Décembre

10 - Tebitu (29 jours) - Décembre / Janvier

11 - Sebatu (30 jours) - Janvier / Février

12 - Addaru (29 jours) - Février / Mars

Cependant, cette année lunaire dure 354 jours, alors que l'année solaire sur laquelle se base les travaux agricoles dure 365 jours 1/4.

Pour résoudre ce décalage, les rois sumériens des cités-états (vers 3500 av J-C) ajoutaient un mois supplémentaire de manière arbitraire, quand le décalage devenait trop important. Comme nous l'indique une tablette cunéiforme datant du règne d'Hammurabi (1810-1750 av J-C), le calendrier n'était donc pas le même d'une ville à une autre.


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Au VIe siècle avant J-C, la décision d'intercaler le mois supplémentaire fut prise en fonction des données astronomiques. En effet, après plusieurs milliers d'années d'observations des astres, les astronomes babyloniens découvrirent que 235 mois lunaires contiennent approximativement le même nombre de jours que 19 années solaires (19 années lunaires + 7 mois). Ce cycle sera immortalisé par les grecs sous le nom de cycle de Méton.

A partir de ces données, les mésopotamiens calculèrent un nouveau calendrier qui s'accorderait à la fois avec la Lune et le Soleil. Au cours d'un cycle de 19 années lunaires, les sept années indiquées en gras doivent être rallongées d'un mois : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19.


L'INVENTION DE LA SEMAINE

Dès le XIXème siècle avant J-C, les marchands assyriens faisaient crédit sur une base de sept jours, correspondant approximativement aux quatre phases de la Lune. Pour les Mésopotamiens, les jours qui terminaient la "semaine", c'est à dire les jours 7, 14, 21 et 28 étaient considéraient comme néfastes pour les affaires.


L'ordre des jours de la semaine est l'aboutissement d'une logique assez complexe, que j'ai déjà eu l'occasion de décrire dans un article précédent. Une fois la semaine de sept jours établies, elle sera repris par les Hébreux durant leur captivité à Babylone sous le règne de Nabuchodonosor II (vers 605-562 avant J-C) car ces sept jours rappellent la création du monde par Dieu. A leur tour, les Hébreux transmettront ces héritages au monde chrétien.


Les premiers chrétiens adopteront à leur tour la semaine de sept jours, pour la même raison que les Hébreux, mais à la différence qu'ils firent commencer la semaine le dimanche (dies dominicus en latin, jour du seigneur) et non le samedi. En 321, alors que le culte impérial tombait en désuétude, l’empereur Constantin Ier (272-337) reconnut le christianisme comme religion d’Etat et adopta par la même occasion la semaine de sept jours à la place des Calendes, Ides et Nones qui divisaient le mois romain.

BIBLIOGRAPHIE :

  • L'histoire commence en Mésopotamie, Ariane Thomas (sous la direction), Ed : Snoeck (2016)

  • Il était une fois la Mésopotamie, Jean Bottéro et Marie-Joseph Stève, Ed : Découvertes Gallimard (2009)

  • Astronomies du passé, Yaël Nazé, Ed : Belin Pour la science (2018)

  • Clés de voûte : Savoir l'astronomie, voir le ciel, Alain Cirou et Leila Haddad, Ed : Seuil (2008)

  • Histoire mondiale des sciences, Colin Ronan, Ed : Seuil, coll Points Sciences (1999)

  • La saga des calendriers, Jean Leford, Ed : Belin Pour la science (1998)

  • Le Calendrier, maître du temps ?, Jacqueline de Bourgoing, Ed : Gallimard (2000)

  • Une histoire du temps et des horloges, Marie-Christine de la Souchère, Ed : Ellipses (2007)

  • L'Encyclopédie du ciel, Arnaud Zucker (sous la direction), Ed : Bouquins Robert Laffont (2016)

Médiateur scientifique professionnel, conférencier, auteur et astrophotographe, Sébastien Beaucourt pratique l'astronomie depuis plus de 20 ans.


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